"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

20 octobre 2016

Lecteur / Ἀναγνώστης / Чтец : explication du premier rang du Clergé (p. John)

Questions au prêtre : Les Lecteurs


Photo : tonsure d'un Lecteur par l'évêque

Question: "Comment devient-on Lecteur, et quel est le rôle d'un Lecteur?"

Ce que cela signifie d'être Lecteur, nous en apprenons beaucoup de l'instruction que l'évêque adresse au Lecteur après l'avoir tonsuré (c-à-d institué Lecteur) :

"Mon enfant, le premier degré du sacerdoce presbytéral est le lectorat. Il faut donc que tu lises chaque jour les saintes Écritures, afin que les auditeurs et les assistants soient édifiés et que toi-même, tu te prépares  à un degré plus élevé, sans déshonorer d'aucune façon le choix dont tu es l'objet, mais en vivant dans la tempérance, la sainteté, la justice, en trouvant grâce auprès du Dieu qui aime les hommes, en te rendant digne d'un plus haut service, dans le Christ Jésus notre Seigneur, à qui soit la gloire dans les siècles des siècles. Amen."

Ceci nous informe que le service de Lecteur est le premier rang de la prêtrise. Il y a deux sortes de clergé : le clergé mineur et le clergé majeur. Les Lecteurs sont tonsurés, cela signifie qu'au lieu d'être ordonnés à l'Autel, ils sont mis à part pour le service en ayant leurs cheveux coupés en forme de Croix (comme l'on fait aussi au Baptême, et lorsque quelqu'un devient moine), et son ordonnés dans la Nef de l'église, comme les sous-diacres, qui sont aussi du clergé mineur. Le clergé majeur, ce sont les évêques, prêtres et diacres.

Mais ce que cela signifie d'être le premier rang de la prêtrise, c'est que les prérequis de base pour être ordonné Prêtre sont les mêmes pour un Lecteur. Le lecteur doit bien entendu être chrétien orthodoxe. Il doit aussi ne pas avoir été marié plus d'une fois. Il doit être de bonne réputation. Il y a d'autres empêchements canoniques possibles à l'ordination, et pour la plupart, ils s'appliquent également aux lecteurs (il y a des prérequis d'âge différents pour les diacres, prêtres et évêques ; et les évêques doivent être moines).

Un Lecteur devrait aussi lire les Écritures tous les jours, et être suffisament familier avec les textes qu'il lit, de sorte que ceux qui l'écoutent puissent le comprendre, et être édifiés par sa lecture. En plus de cela, un Lecteur devrait apprendre les rubriques des offices, et devrait apprendre à chanter sa partie dans les offices en apprenant les différents tons, et comment utiliser et combiner les textes liturgiques au pupitre du choeur (kliros). Dans la plupart des paroisses, il y a un chantre qui effectue l'essentiel de ce travail, cependant un Lecteur devrait aussi apprendre tout cela, de sorte que s'il se retrouve seul au kliros (comme cela peut arriver pendant les offices de la semaine), il soit à même de lire et chanter toutes les parties des offices qui ne sont pas spécifiques à l'évêque, au prêtre et au diacre.

L'exhortation au Lecteur qu'il ne doit "déshonorer d'aucune façon" son choix signifie qu'il devrait être un exemple pour les autres membres dans l'Église. Comme saint Paul exhortait saint Timothée :  "montre-toi un modèle pour les croyants, par la parole, la conduite, la charité, la foi, la pureté" (1 Tim 4,12). Et un Lecteur devrait agir de la sorte afin de se préparer à "un plus haut service". En d'autres termes, un lecteur devrait se préparer pour la possibilité de servir à un rang plus élevé dans le clergé. Bien entendu, ce sont tous les Chrétiens qui devraient s'efforcer d'être un exemple "par la parole, la conduite, la charité, la foi, la pureté", mais cela doit être particulièrement le cas pour le clergé. Cela signifie qu'un Lecteur doit être pieux, aimer son prochain, et aimer les offices de l'Église.

Quiconque en est capable (et est bien entendu chrétien orthodoxe) peut servir dans la fonction de Lecteur, lorsque c'est nécessaire. Et il y a nombre de gens qui le font, bien que non-tonsurés Lecteurs. Cependant, celui qui est effectivement Lecteur a un devoir d'effectuer son rôle, et devrait être très zélé pour se préparer à accomplir ce rôle, et devrait désirer de le faire, étant présent à chaque fois que c'est possible aux offices, et se rendant disponible pour accomplir sa tâche.

Si quelqu'un est intéressé pour devenir un lecteur, il devrait s'adresser au prêtre et commencer à s'y préparer convenablement en apprenant comment servir. Même si pour finir il ne devait pas être tonsuré Lecteur, la connaissance qu'il aurait acquise est bénéfique pour tout chrétien orthodoxe.

Pour de plus amples informations sur le Lecteur, je recommande de lire les "Instruction for the Church Reader", de même que "A Guide for Readers in the Orthodox Church", par le p. Geoffrey Korz

Les divers rangs du clergé inférieur et supérieur assistant l'(arch)evêque lors de la Liturgie ou d'un Office

18 octobre 2016

Nous allons tous mourir! We all gonna die!

Au temps anciens dans les monastères cénobitiques, il y avait un moine dont la fonction était de rappeler la mort aux autres pères. Lorsque tout le monde accomplissait les tâches ménagères, il allait auprès de chaque père et lui disait "Frère, nous allons mourir."

Ce grand mystère n'est pas facilement compris par ceux qui ne vivent que selon la chair, c'est pourquoi ils ne veulent pas mourir; ils ne veulent même pas entendre parler de la mort.

Heureusement, notre Dieu bienveillant veille à ce que les gens soient aidés dans ce processus, particulièrement les personnes âgées qui sont naturellement plus proches de la mort. Leurs cheveux deviennent gris; leur courage et endurance diminuent; leur force les abandonne progressivement; ils commencent à baver - un processus humiliant qui les amène à philosopher sur la vanité de ce monde.

Même s'ils veulent être méchants, ils n'y arrivent plus vraiment - ils ne sont plus en mesure de le faire. Et quand ils entendent parler de quelqu'un leur âge ou plus jeune qui est mort, cela leur rappelle la mort. Dans les villages, lorsque les cloches de l'église sonnent pour des obsèques, tous les vieillards assis dans les cafés se lèvent, font leur signe de croix et demandent qui est mort et quand était-il né. Et ils se disent l'un à l'autre, "Eh bien, notre temps viendra aussi; nous quitterons tous ce monde."

Saint Païssios l'Athonite, "conseils spirituels IV : la vie de famille"







"Back in the old days in coenobetic monasteries, there was a monk who was assigned the task of reminding the other Fathers about death. When everyone was doing chores, he would go around to each Father and say, "Brother, we are going to die."

"This great mystery is not easily understood by those who are merely "flesh", which is why they don't want to die; they don't even want to hear about death.

"Fortunately, our benevolent God provides so that people are helped in the process, especially the elderly who are naturally closer to death. Their hair becomes grey; their courage and endurance is diminished; their strength gradually abandons them; they start to drool - a humbling process which leads them to philosophize on the vanity of this world. Even if they want to be naughty, they just can't - not in their condition. And when they hear of someone their age or younger who has died, they are reminded of death. In the villages, when the church bell tolls for a funeral, all the elderly sitting in the coffee shops stand up, do their cross and ask who has died and when was he born. And they say to each other, "Well, our time will also come; we're all leaving this world."

St. Paisios, "Spiritual Counsels IV: Family Life"

16 octobre 2016

Les efforts ne produisent jamais d'effet rapide, gardons courage (st. Païssios)

Nous ne devrions jamais perdre espoir lorsque nous luttons et ne voyons que de maigres progrès. En réalité, la plupart d'entre nous ne faisons pas grand chose, certains en font un peu plus, d'autres un peu moins. Lorsque le Christ voit les petits efforts que nous accomplissons, Il nous les valorise, et ainsi ces petits pas grand choses prennent de la valeur, et c'est ainsi que nous voyons un peu de progrès. C'est pour ça que nous ne devons pas désespérer, mais avoir confiance en Dieu.
saint Païssios l'athonite